
Budget 2027 immobilier : PTZ parentalité et LMNP durci
3 octobre 2026
Le média de l'immobilier des particuliers : marché, crédit, location, fiscalité, rénovation
Droit & fiscalité
Le dispositif Jeanbrun permet d’amortir certains logements locatifs acquis jusqu’à fin 2028, sous conditions de travaux, de loyers et d’engagement de location.

Le dispositif Jeanbrun 2026 crée un nouvel amortissement fiscal pour certains investissements locatifs réalisés entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Il concerne des logements situés dans des immeubles collectifs, neufs ou anciens avec des travaux répondant aux conditions prévues par la loi, à condition de les louer nus comme résidence principale pendant au moins neuf ans et de respecter des plafonds de loyers et de ressources du locataire.
Le mécanisme, issu de l’article 47 de la loi de finances pour 2026, vise les logements situés en France dans un bâtiment d’habitation collectif. Il ne s’agit donc pas d’un avantage fiscal général applicable à tout achat locatif.
Deux grandes catégories sont prévues :
Pour entrer dans la fenêtre du dispositif, l’acquisition, ou la demande de permis de construire lorsque le contribuable fait construire, doit intervenir entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
L’avantage prend la forme d’une déduction au titre de l’amortissement, appliquée aux revenus fonciers. Le taux dépend à la fois du type de logement et du niveau de loyer choisi.
| Type de logement | Location intermédiaire | Location sociale | Location très sociale |
| Neuf | 3,5 % | 4,5 % | 5,5 % |
| Ancien avec travaux éligibles | 3 % | 3,5 % | 4 % |
La valeur du foncier n’est pas amortissable. La loi la fixe forfaitairement à 20 % du prix d’acquisition net de frais. Dans l’ancien, la base peut être majorée du montant des travaux dans les conditions prévues par le texte.
Il faut distinguer le taux d’amortissement du plafond annuel réellement déductible. La somme des amortissements relevant du dispositif est plafonnée à 8 000 € par an et par foyer fiscal. Ce plafond peut être porté à 10 000 € ou 12 000 € lorsque au moins 50 % des revenus bruts concernés proviennent respectivement de logements à vocation sociale ou très sociale.
Les deux montants ne désignent pas la même chose. Les 12 000 € correspondent au plafond maximal d’amortissement annuel dans le cas le plus favorable prévu par le texte. Les 10 700 € renvoient, eux, au mécanisme distinct du déficit foncier : lorsque les charges déductibles conduisent à un déficit, une partie peut, selon les règles fiscales applicables, être imputée sur le revenu global dans cette limite.
Autrement dit, le dispositif ne transforme pas automatiquement 22 700 € en économie d’impôt. Il faut séparer l’amortissement, les charges réellement déductibles et les règles du déficit foncier. Le résultat dépend ensuite de la situation fiscale du propriétaire.
Le propriétaire doit s’engager à louer le logement pendant une durée minimale de neuf ans. La location doit être nue, effective et continue, et le logement doit constituer la résidence principale du locataire.
Le bail doit aussi respecter des plafonds de loyer et de ressources du locataire. Ces plafonds varient selon le niveau retenu, intermédiaire, social ou très social, et selon la localisation du bien. Le propriétaire n’est pas soumis à une condition de ressources pour accéder au dispositif, mais le locataire, lui, peut l’être selon la catégorie de location.
La loi exclut la location à un membre du foyer fiscal du propriétaire ainsi qu’à certains proches, jusqu’au deuxième degré inclus. Pour le neuf, la location doit commencer dans les douze mois suivant l’achèvement de l’immeuble, ou son acquisition si elle est postérieure. Une règle comparable existe pour les logements anciens concernés, à compter de l’achèvement des travaux ou de l’acquisition si elle est postérieure.
Le bénéfice de l’amortissement n’est pas automatique. Le propriétaire doit exercer une option lors de la déclaration des revenus de l’année d’achèvement ou d’acquisition du logement, selon le cas. Cette option est irrévocable pour le bien concerné.
Ce point mérite d’être regardé avant l’achat plutôt qu’au moment de remplir la déclaration. Le niveau de loyer choisi, la durée de détention envisagée et le coût réel des travaux peuvent modifier fortement l’intérêt du mécanisme. ImmoPortail ne peut donc pas ramener le dispositif Jeanbrun à un simple pourcentage de réduction d’impôt.
Une vente anticipée, un loyer qui ne respecte plus les plafonds ou une rupture de l’engagement de location peut entraîner la remise en cause de l’avantage. La loi prévoit alors la réintégration des amortissements déduits dans les revenus fonciers, selon des modalités spécifiques.
Le texte prévoit certaines exceptions, notamment en cas d’invalidité, de licenciement ou de décès du contribuable ou de son conjoint soumis à imposition commune. Avant toute sortie anticipée, il est prudent de vérifier le texte applicable à la situation précise.
Le dispositif Jeanbrun ouvre une nouvelle voie d’amortissement pour l’investissement locatif de 2026 à 2028, mais il s’accompagne de contraintes précises sur le type de bien, le niveau de loyer, le locataire et la durée de location. Le bon réflexe consiste à vérifier l’éligibilité du bien et les plafonds en vigueur avant de bâtir un plan de financement autour de l’avantage fiscal.
Rédaction ImmoPortail
La rédaction d’ImmoPortail suit l’actualité immobilière française à partir de sources publiques et professionnelles de référence, puis met à jour ses guides lorsque les règles, barèmes ou données évoluent.
Notre méthode éditorialeCet article fournit une information générale. Les règles, taux et barèmes évoluent : vérifiez-les auprès de la source officielle ou d'un professionnel avant toute décision.